Faites-vous partie de ces gens qui n’éprouvent que dégoût face aux insectes ? Pourtant, ils pourraient bien faire partie de votre alimentation future. En effet, loin d’être tous toxiques, ils comportent tout un tas d’avantages qui pourraient vous surprendre.
C’est sur cela que se base l’entomophagie : un régime alimentaire qui s’appuie sur la consommation d’insectes. Nous allons donc nous pencher sur ce type de nourriture peu mis en avant dans nos sociétés occidentales et qui n’est pas seulement une habitude de survivalistes. L’entomophagie dans l’histoire et dans le monde



Nous pouvons remonter à la préhistoire avec une entomophagie opportuniste où les insectes pouvaient servir à compléter des régimes alimentaires quand la chasse et la pêche offraient des ressources insuffisantes. De même, les insectes étaient très consommés et appréciés comme friandises dans l’Antiquité gréco-romaine. Au fil du temps, les insectes ont disparu de nos régimes alimentaires, mais sont restés inhérents à certaines cultures. Concernant nos civilisations occidentales, nous avons abandonné depuis longtemps l’alimentation à base d’insectes mais nous nous en sommes tout de même servi dans nos activités ; par exemple, au XVIIIe siècle pour leurs vertus médicinales ou encore de nos jours avec les colorants alimentaires rouges qui utilisent de la poudre de cochenille.
En Asie, en Afrique, en Océanie ou encore en Amérique du sud, l’entomophagie est courante et appréciée pour son goût qui leur permet d’élargir leur palette de saveurs. Scarabées, chenilles, abeilles, sauterelles, criquets, vers de farine... tous ces insectes sont dégustés dans ces régions. Nous pouvons ainsi compter plus de 1900 espèces d’insectes différentes consommées régulièrement par près de 2 milliards de personnes dans le monde.
Dans les régions froides, certaines périodes ne sont ni propices à l’élevage ni à la récolte d’insectes car ces derniers hibernent, contrairement aux régions chaudes plus fournies en insectes lors de ces périodes. Ainsi, dans le monde, la plupart des insectes sont alors récoltés dans la nature au lieu d’être élevés. Se nourrir d’insectes est parfois installé dans une tradition alimentaire. Quelques habitudes en rapport avec l’entomophagie persistent en Occident, comme par exemple, celle d’un de nos fromages corses, le casgiu merzu, dans lequel des asticots se développent. De même, ne croyez pas que nous nous sommes définitivement écartés de cette alimentation car, sans le savoir, vous mangez de la poudre de grillons que les industriels peuvent incorporer à leurs recettes grâce à une autorisation européenne datant de janvier 2023. Ainsi, on ingère environ 500 g d’insectes par an. L’entomophagie permet un véritable apport en protéines car les insectes en sont majoritairement constitués. Selon les estimations des Nations Unies, 1 personne sur 9 souffrirait de faim chronique. Les insectes sont alors une solution économique très nutritive puisqu’ils ont une teneur moyenne en énergie de 460 kcal/100 g. Le développement de l’entomophagie est encouragé par la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans son programme Edible Insects qui tente de lutter contre la malnutrition via l’élevage d’insectes.
Une de leurs caractéristiques les plus avantageuses est qu’ils consomment moins de ressources que nos élevages traditionnels, concernant la nourriture, l’eau ou encore la surface à allouer aux élevages. Par exemple, les grillons ont besoin de 6 fois moins de nourriture que les bovins, et 2 fois moins que les poulets et porcs pour produire les mêmes protéines. Pour l’eau, ils consomment environ 2000 fois moins d’eau que les bovins !
Des difficultés à surmonter
Certains insectes sont toxiques pour la santé humaine et peuvent comporter des risques sanitaires en étant potentiellement contaminés lors d’une mauvaise préparation. Ils comportent aussi des allergènes à surveiller attentivement. L’élevage d’insectes n’étant pas toujours ancré dans nos sociétés, il peut être compliqué de l’expérimenter dans certains pays en raison de contraintes légales et d’équipements techniques pour l’adapter à la consommation de masse. Cela explique aussi les prix qui peuvent sembler très élevé.
L’entomophagie devra donc faire face à plusieurs obstacles pour pouvoir s’implanter mais comme nous avons pu le voir, elle a un avenir prometteur.